Des blindés. Du gaz lacrymogène. Des hommes casqués, boucliers levés. Face à eux, pas des voyous, pas des terroristes : des paysans, des femmes et des hommes qui veillent sur leurs bêtes, protègent leur terre et refusent qu’on massacre leur travail au nom de décisions technocratiques.
Ce qu’il s’est passé en Ariège n’est pas un simple “incident”.
C’est un tournant. Un révélateur. Une ligne rouge franchie.
Un troupeau condamné sans débat
Pour un seul cas de dermatose nodulaire, l’État a décidé d’abattre plus de 200 vaches. Des animaux parfois vaccinés, parfois sains, mais voués à la mort au nom d’un protocole administratif appliqué mécaniquement, sans nuances, sans écoute, sans discussion.
Les éleveurs ont demandé à être entendus. Ils ont demandé des alternatives. Ils ont demandé du dialogue.
On leur a répondu par des ordres. Puis par les forces de l’ordre. Puis par la force tout court.
Des agriculteurs gazés, encerclés, traités comme des ennemis
La scène est surréaliste. Des hélicoptères au-dessus des prés. Des blindés sur les chemins agricoles.
Des gaz lacrymogènes sur des manifestants qui ne protègent rien d’autre que leurs vaches et leur dignité.
Quel pays ose envoyer l’armée intérieure contre ceux qui le nourrissent ? Quel gouvernement laisse croire qu’on gère une ferme comme un laboratoire, un cheptel comme des chiffres sur un dossier Excel ?
Ce n’est plus une politique sanitaire : c’est une punition collective.
Le monde agricole n’en peut plus
Cela fait des années que les agriculteurs alertent. Sur la misère. Sur les normes absurdes. Sur les prix écrasés. Sur le mépris.
On les a traités d’arriérés, de dangereux, de colériques. Pourtant, quand la France a faim, c’est vers eux qu’on se tourne. Quand les catastrophes frappent, ce sont leurs tracteurs qui dégagent les routes. Quand les villages meurent, ce sont eux qui les maintiennent debout.
Et voilà comment on les remercie : par des CRS, des grenades lacrymo, et la destruction totale d’un troupeau qu’ils ont soigné jour et nuit pendant des années.
La colère gronde, et elle est légitime
Face à un État qui n’écoute plus, qui ne discute plus, qui impose par la force ce qu’il refuse d’expliquer, la désobéissance n’est pas un crime : c’est un acte de survie.
Les paysans défendent plus que des animaux. Ils défendent un mode de vie.
Ils défendent le droit de travailler sans être écrasés par des décisions arbitraires. Ils défendent la dignité de celles et ceux qui nourrissent un pays entier.
Nous devons les soutenir. Parce que demain, ce sont nos paysages, notre alimentation, nos campagnes et notre liberté collective qui seront abattus, eux aussi, « par précaution ».
On ne se tait plus
La France ne peut pas accepter que l’on transforme des fermes en zones militarisées.
La France ne peut pas tolérer qu’on gaze ceux qui apportent à manger sur nos tables.
La France ne peut pas rester indifférente face à l’abattage systématique d’animaux sans recherche d’alternatives.
Se taire, c’est laisser faire. Prendre position, c’est encore possible. Et aujourd’hui, c’est nécessaire.

